Les Pillawers Finistère
Des chiffonniers pour le Patrimoine

Nouveaux venus dans le monde des associations, Les Pillawers sont une ressourcerie entièrement dédié au patrimoine du Finistère. Le projet Pillawers est né de la réflexion que la filière «récupération et recyclage» est rentable depuis plusieurs années. De cette filière émergent quelques grands acteurs, les mieux organisés. Elle représente pour ces acteurs une manne sans fin quand les biens récupérés ne demandent pas de transformation pour être valorisés.

L’originalité du projet Pillawers est celle d’une ressourcerie au service d’une demande récurrente et urgente de la part des collectivités locales ou des particuliers : L’aide à la sauvegarde du patrimoine et principalement du petit patrimoine dans les communes rurales.
Par l’action menée par les Pillawers, chaque commune ou particulier peut prétendre sur présentation d’un dossier étudié par un comité de pilotage à bénéficier d’aides de la part des Pillawers afin de financer ou compléter le financement de travaux liés au patrimoine.

En échange de cette possibilité qui leur est offerte, les communes peuvent devenir de vrais partenaires de réussite en ouvrant aux Pillawers l’accès à leur communication municipale : bulletin et affichage municipaux, signalétiques sur les conteneurs à déchets.
Des réunions d’information peuvent aussi être organisées dans les communes.
Par ces actions, sans coût pour les municipalités, les Pillawers peuvent rapidement étendre leur action en tout lieu du département et inciter la population et les entreprises à participer, en jetant le moins possible (désengorgement des déchetteries), en offrant ou en se débarrassant de biens à valoriser, dont la vente dans le circuit vertueux du recyclage servira à la restauration d’un patrimoine qui nous est familier et proche, le nôtre..

Mais pourquoi avoir choisi le mot pillawer ?

Pour quelqu’un qui viendrait de Haute Bretagne, là où les oreilles ne goûtent pas toujours la richesse de vocabulaire de la langue bretonne, le mot pillawer n’évoque pas grand-chose.. Mais pour les bretons et plus particulièrement pour les bretons des montagnes. Le mot pillawer a une signification très imagée. Quand il s’immisce dans la conversation, il s’accompagne souvent d’un sourire sous cape signifiant qu’on se reconnaît soi-même dans ce mot pillawer. Car le pillawer est celui qui, sillonnant la Bretagne à pieds ou en carriole, toujours accompagné de son chien, échangeait de la vaisselle, de la quincaillerie ou des colifichets contre des chiffons, peaux de lapins, queues de cheval, soies de porcs ou métaux divers pour les revendre aux grossistes implantés dans les ports tel que celui de Morlaix. Réparant à l’occasion bols, assiettes ou parapluies, il était un acteur familier de l'économie de la Bretagne du centre. Il est comme un ancêtre commun à tous les bretons des montagnes, et les états civils en sont une preuve très fournie. Nombre d’habitants des monts d’arrée, jusqu’après la seconde guerre mondiale y sont qualifiés de «pillawer» ou plus tardivement de chiffonniers.

L’utilisation et la mise en lumière de ce terme par notre association est comme un hommage affectueux au petit peuple industrieux et familier de la Bretagne d’autrefois, très présent dans le souvenir des bretons du Finistère. Parce qu’ici tout le monde est un peu pillawer. On récupère, on recycle. Parfois on troque ou on revend.. Mais ce qui est sûr c’est que rien ne se perd, tout a une valeur. Il suffit de savoir laquelle..

Voilà pourquoi nous sommes fiers de cette filiation avec le petit peuple des pillawers de la Bretagne d’autrefois..

A ces veillées assistait (…) un curieux personnage nommé Jacob Gouéré, mais que nous appelions toujours le pillawer, parce qu’il était colporteur et chiffonnier. Gouéré était une véritable encyclopédie vivante. Il savait tout, du moins tout ce qui nous intéressait. Il vendait des graines, des livres bleus de colportage, des complaintes illustrées, des images de Strasbourg et d’Orléans, des couteaux, des chapelets, des broderies pour les «chupens», des rubans, du tabac de Hollande, du papier décoré d’insignes gravés pour les soldats, des cocardes pour les chapeaux et toute la mercerie dont les femmes ont besoin quotidiennement.

Extrait : L’ancre de miséricorde (Pierre Mac Orlan – 1941)

Vous avez votre rôle à jouer.. Parlez de nous, relayez l’information de notre existence et contribuez au bien de la planète et du patrimoine..

Suivez-nous, pour découvrir prochainement notre site de collecte ou vous pourrez effectuer vos dépôts d’objets valorisables et pour les chineurs dénicher des «merveilles» à prix modiques, en agissant concrètement pour le patrimoine tout en ayant un geste fort pour l’environnement

Nous vous disons à bientôt..